Mozambique : un peu de relax !

Post écrit depuis longtemps déjà (le 18/12/2011 à Wukro, Ethiopie et le 07/01/2012 à Dongola, Soudan du Nord) mais publié seulement maintenant…

Après la Namibie, l’Afrique du Sud et le Swaziland, l’arrivée au Mozambique nous renvoit directement dans une autre dimension… On voulait absolument arriver à Maputo dès le premier soir. Il faisait déjà noir quand on entra dans la ville et le traffic plutôt chaotique nous réservait un accueil très divertissant !

Maputo

On se dirigea directement vers un hotel pour backpackers qui s’appelle “Fatima”, apparemment le seul des 3 backpackers de Maputo qui accepte des campeurs. Quelle déception ! L’endroit n’est vraiment pas propre, le prix est presque le même (et assez cher) pour dormir dans un dortoir ou pour faire du camping… Et moi j’étais simplement garé sur un mini parking. Ca ne paraît pas très logique, non ? Dès le lendemain après la douche (la goutte qui a fait déborder le vase), on était d’accord qu’on n’allait pas passer une nuit de plus dans cet endroit !

Maputo a encore quelques jolis vieux bâtiments, mais il ne reste que peu de choses en bon état depuis le départ précipité des portugais. Et pour animer un peu notre visite de la ville, on a eu le droit au classique contrôle de police où les agents essayent de te faire payer pour une infraction que tu n’as pas commise :

– “Vous avez tourné à gauche dans un endroit où c’est interdit.” dit l’agent de police (traduit du portugais…)

– “Monsieur l’agent, j’arrive de la rue en face, je n’ai pas tourné à gauche”  (dit François au policier en espagnol)

– “Peu importe, vous avez commis une infraction, vous devez payer une amende de 60 euros” (plus tard on saura que l’amende la plus importante au Mozambique est de 7 euros…)

– “Monsieur l’agent, je ne comprends pas très bien mon infraction… Peut on aller au commissariat pour qu’on puisse en parler tranquillement ?”

– “Non, vous payez d’abord et après vous pouvez aller au commissariat si vous voulez”

– etc…

Et ce fut ensuite le jeu innocent de l’étranger qui ne comprend pas très bien ce qui lui arrive… Au bout d’un certain temps ça fonctionne toujours assez bien (surtout quand on insiste que l’on paiera rien sans aller au comissariat)! Le policier continuait toujours, puis il appela un de ses collègues pour nous faire croire que c’était le chef, et comme ultime essai, le policier nous demanda de l’argent pour se payer un soda (le nom de code ici pour un petit backchich). Oui, oui, bien sûr, il venait d’essayer de nous “voler” 60 euros et on allait lui faire un petit cadeau ??? Non, rien de rien, pas d’argent pour les policiers corrompus !

Mozambique (1)

On a ensuite retrouvé à Maputo un couple d’amis de la soeur d’Adela qui travaillent ici : Gisela et Bryan. Ils ont pu nous montrer quelques aspects de Maputo qui sont un peu moins touristiques, comme par exemple un bar appelé “Nucleo de Arte” avec de la musique live le dimanche soir, ou un orphelinat dans le nord de Maputo où les enfants ont la vie vraiment dure…

Xai-Xai

Qui dit Mozambique, dit plages ! Au programme, nous souhaitions longer la côte le plus possible avant de se dévier vers le Malawi. Notre premier arrêt fût Xai-Xai et ses plages désertes. Adela et François m’ont même laissé aller sur la plage, seulement quelques mètres parce que c’est interdit, mais qu’est ce que je me sentais bien ! Et ils ont eu le droit à un repas avec vue sur la mer. Tout était tranquille jusqu’à ce que deux personnes arrivent en nous disant que là où j’étais garé c’était aussi interdit et que la police arrivait et que l’amende est de 200 euros ! Adela et François ont vite tout rangé pour me faire remonter la côte et repartir sur la piste de sable qui suit la plage. François et les deux autres personnes poussaient pour eviter que je reste bloqué au milieu de la montée. Une fois sur la piste, nos deux “nouveaux amis” n’oublièrent pas de nous demander une récompense. On les a remercié pour leur aide qui semblait au début complètement desintéressé sans leur donner de récompense… et on a sûrement bien fait parce que ils nous avaient menti: la police n’est jamais apparue ! Mozambique (26)La nuit venue, on voulait envoyer un message SPOT, c’est à dire via l’appareil GPS qu’Adela et François ont pris pour le voyage, leur permettant chaque jour d’envoyer un message standard disant que tout va bien ainsi que les coordonnées GPS d’où nous nous trouvons. Mais l’appareil n’était pas là ! Impossible de le trouver… Etait-il tombé lorsqu’on remontait de la plage ? Etait-il maintenant enfoui dans le sable ? Ou nos deux précédents amis nous avaient fait une très mauvaise farce ? Le jour suivant on chercha encore partout dans le sable, rien… On essaya de demander aux gens qui passaient sur cette piste si quelqu’un avait entendu parler d’un appareil orange qui aurait été retrouvé près d’ici, mais personne ne savait rien. On croisa alors deux Sud-Africains, on leur demanda. L’un était le propriétaire d’un lodge qui donne sur la plage. Apparemment si quelqu’un avait trouvé quelque chose, l’un de ses employés devait être au courant. Sans trop d’espoir, on demanda au premier qu’on croisa. Le garçon tout surpris nous dit qu’il connaissait celui qui l’avait trouvé ! Il partit le chercher. Apparaît alors l’un de nos “amis” de la veille, lui aussi assez surpris de nous revoir. Bien sûr qu’il avait trouvé l’appareil, il avait dû tomber pendant qu’ils nous avaient pressés pour me sortir de la plage! Mais il avait sûrement dû oublier de nous le dire parce qu’il était trop occupé à nous réclamer une récompense… Mais Adela et François ne voulaient pas faire d’histoire, ils étaient juste contents de retrouver le SPOT. 

Mozambique (13)

 

Tofu

Après un endroit aussi tranquille, on n’était pas sûr qu’on voulait aller à Tofu, une destination très célèbre et touristique du Mozambique. En s’éloignant un tout petit peu de ce village, on espérait trouver un endroit moins fréquenté et tout aussi joli. Par exemple Barra, un tout petit plus au nord… On voulait y aller en longeant la plage, en suivant les pistes de sable. Notre première surprise fut qu’il est impossible de voir la plage car une imposante dune de sable la protège. Cette fois je suis resté modeste : je n’ai même pas essayé de monter… Mozambique (79)L’autre surprise est que tous les enfants que l’on croisait n’arrêtaient pas de nous demander des stylos ou de l’argent, puis ils tentaient de s’agripper à ma roue de secours sur ma porte arrière. Plusieurs fois j’ai dû faire des acrobaties sur le sable pour m’échapper ! On s’est finalement perdu, impossible de trouver la bonne piste pour aller au village de Barra. Demi tour, à la recherche d’un endroit pour dormir. On s’arrêta dans un tout petit village pour demander si on pouvait s’arrêter au bord de la piste pour dormir. Il y avait seulement deux hommes, bien imbibés d’alcool, et à notre grande surprise ils nous répondirent que NON ! Catégorique, non négociable. Ils voulaient nous envoyer dans les hôtels chers au bord de la plage… Mozambique (84)b Impossible de leur expliquer que ce n’était pas ce qu’on cherchait. On repartit. Alors qu’il faisait déjà nuit noire, au bout d’une piste, on trouva un lodge en construction. On demanda au gardien si on pouvait dormir sur le semblant de parking devant le portail. Il appela son chef, il y avait encore quelque chose qui clochait… Comme le lodge n’était pas encore ouvert, ils ne pouvaient pas héberger de gens sous peine d’amende, et apparemment la police est très active dans le coin pour surveiller ce genre de chose. On voulait seulement se garer et dormir, sans géner personne. Adela et François voulaient faire un feu pour faire cuire la grande poche de crevettes qu’ils avaient achetée dans l’après midi et moi j’allais enfin pouvoir faire refroidir mon moteur qui avait beaucoup chauffé avec tout ce sable. Ils décidèrent de nous cacher à l’arrière du chantier. Mais le lendemain matin, un nouvel appel du chef, plutôt matinal, nous invitait à sortir immédiatemment du chantier et mit fin au petit déjeuner… On partit en direction de Tofinho pour passer une journée agréable au bord de la plage, dont le point culminant fût à nouveau le repas avec une vue imprenable sur l’eau translucide. Impossible de relâcher son sourire !

Poméné

Le prochain arrêt était l’impressionante péninsule de sable (et parc national au passage) de Poméné. Selon plusieurs expatriés qu’on avait croisé à Maputo, c’était leur endroit préféré. En effet, ses plages et sa tranquilité vous donnent envie d’y rester un bon moment. On voulait seulement y passer la journée, mais on a vite changé d’avis…Mozambique (226)b En fin d’après midi, on faisait le tour du village pour chercher du poisson à faire griller. Il n’y avait pas beaucoup de poisson ce jour là, voire pas du tout… Ne m’en demandez pas plus, j’y connais rien en pêche. Mes compagnons virent au loin plusieurs pêcheurs sur des cailloux et essayèrent à nouveau de voir si ils avaient du poisson à vendre. Mais ils n’avaient pas de poissons… Mozambique (122)

C’était un groupe de Zimbabwéens qui venaient passer les vacances à Poméné où ils ont une maison pour toute la famille. Ils nous invitèrent rapidement à aller manger avec eux et passer la nuit sur leur terrain. L’invitation d’une nuit se transforma en une seconde nuit, puis une troisième. Farniente sur la plage, fête d’anniversaire, supers repas (Adela et François leur ont aussi fait goûter la paella et la tortilla de pommes de terre !), mes compagnons en ont bien profité. Après la visite du Zimbabwé où on avait énormément apprécié la gentillesse et la simplicité (dans le bon sens du terme !) de ses habitants, une nouvelle fois ils nous donnaient une leçon d’hospitalité. On a eu dû mal à partir…

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Vilankulos

Un voyageur espagnol qu’on avait croisé au Zimbabwé nous avait parlé de la maison de Jacques à Vilankulos, un brésilien qui participe à la communauté Couchsurfing. Le principe est simple : un réseau par internet de gens qui offrent ou recherchent un logement gratuit parmi les membres de cette communauté. Un système de commentaires et de références permet d’établir un certain niveau de confiance entre les membres. Dans le cas de Jacques, il n’y a aucune question à se poser : il avait déjà hébergé tellement de gens qui parlaient positivement de lui qu’un arrêt chez lui était pour nous obligatoire !

Mozambique (269)

Mozambique (411)Sa maison donnait directement sur la mer, avec vue sur l’archipel de Bazaruto, le plus célèbre parc national du Mozambique et autres îles adjacentes “réservés” aux gens les plus fortunés. Ici encore, la vie va à un autre rythme… Adela et François en ont profité pour me soigner quelques petits bobos, visiter quelques îles et… ne rien faire ! Huit jours plus tard (et oui, l’arrêt s’est un peu allongé ici encore), on repartait vers le nord, avec un nouveau passager à mon bord : Jacques ! Il avait décidé qu’il avait fini son temps au Mozambique et qu’il souhaitait partir voyager vers la Tanzanie puis direction l’Europe. On allait l’approcher autant que l’on pouvait, jusqu’à ce qu’on se dévit vers le Malawi.

Quand on partit de Vilankulos, je ressentais comme des démangeaisons lorsque mon moteur démarrait. Etrange. Pas très agréable. Bah, j’avais la sensation que ça allait passer…

Démarreur et sortie du pays

La route devenait moins amusante (car en mauvaise état, l’asphalte avec des trous ça fait mal !), on voyait moins la mer. C’était presque une petite déprime. En contrepartie, Adela et François appréciait beaucoup la présence de Jacques parce qu’il avait toujours plein d’histoires à partager et surtout qu’il s’adaptait bien à notre ryhtme de voyage.

Deux jours plus tard, nous étions arrivé à Mocuba, la ville où nos chemins devaient se séparer. Un triste événement allait cependant gâcher la dernière soirée ensemble de mes trois compagnons : mon démarreur, dans un dernier cri strident de désespoir, finit par décédé… Atlas, moi le grand 4×4, j’étais réduit à l’état de mobylette qu’il faut pousser pour démarrer ! Adela et François, plutôt fatalistes, n’étaient pas si déçus que ça par la nouvelle, mais ils se rendirent vite compte qu’ils allaient passer quelques moments désagréables dans les prochains jours pour me démarrer à chaque fois qu’on voudrait s’arrêter (ne serait ce que pour dormir, ou pour faire le plein d’essence… ). Il fallait trouver quelqu’un dans cette petite ville pour essayer d’arranger ça. Ils trouvèrent seulement un électricien plutôt mauvais, dont ils n’eurent jamais confiance. Ils lui laissèrent tout de mème essayer de bricoler le démarreur, mais les progrès ne furent pas probant, voire nuls dans les heures qui suivirent.

On partit vers le Malawi en sachant que le problème restait entier…

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Ah, j’allais oublier : François a aussi eu la bonne surprise de goûter l’une des grandes spécialités du Mozambique (juste deux jours avant de quitter le pays) : avoir un passager clandestin dans son pied, une puce accompagnée de son gros sac d’oeufs appelée mantequenha ! Il croyait avoir une ampoule mais Jacques n’eut lui aucun doute sur ce parasite qui avait choisit sa nouvelle deumeure. Heureusement il avait pas mal d’expérience sur le sujet. Il put le sortir du pied de François en quelques minutes.

Difficile d'échapper au mantequenha du Mozambique

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Une réponse à “Mozambique : un peu de relax !

  1. Salut les amis!

    Vous en êtes où? On vous voit quand? J’espère que tout va bien. On lit vos aventures et on pense fort à vous.

    Donnez des news quand vous pouvez…

    Bises,

    Constance

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