Tanzania : dommage qu’on ne puisse pas rester plus longtemps…

Post écrit le 14 mai 2012, à Vitoria (Espagne)

Heuuu, où est ce que j’en étais ? Ah oui !!! La frontière entre le Malawi et la Tanzanie et ma petite “intoxication alimentaire” au biodiesel. Beurk ! Quand on s’est levé, on a vite eu autour de nous plusieurs amis qui voulaient nous aider… Ouais, ouais, le genre d’aide dont on a envie de se passer, parce que ce qu’ils veulent c’est juste profiter de la situation pour soutirer de l’argent, et pas vraiment me faire démarrer à nouveau ! Adela et François avaient un plan : changer mon préfiltre de gasoil et croiser les doigts pour que je démarre. Cependant on n’avait pas vraiment de préfiltre neuf donc ils essayèrent de laver un des vieux qu’on avait gardé… Après une petite demi-heure, première tentative, mais rien du tout. Ils partirent à pied au village collé à la frontière, et m’achetèrent un nouveau préfiltre. Nouveau changement, nouvelle tentative, et à nouveau rien du tout… Il fallait qu’on démarre! Adela insista, une fois, deux fois, et à la troisième je démarrai enfin !!! Un grand sourire revint sur le visage d’Adela et François. Au même moment tous les profiteurs qui nous entouraient depuis deux heures comprirent qu’ils avaient perdu leur temps avec nous… Et pour enfoncer un peu plus le clou, François insista auprès des derniers qui restaient à observer qu’Adela avait trouvé la panne. Vous vous rendez compte, une femme capable de comprendre un moteur ! Impossible pour beaucoup d’africains de se l’imaginer… Ils en sont restés bouche bée. Hehehehe !

Enfin on était de retour sur le goudron !

Sur la route de Dar Es Salam

Même si la Tanzanie regorge de parcs naturels, mes compagnons avaient choisi de n’en visiter aucun. On en avait déjà vu en Namibie, au Botswana et au Zimbabwe, et on avait déjà prévu d’en visiter quelques uns au Kenya avec les parents d’Adela quand ils allaient venir nous voir. De toute façon, je crois que mes compagnons préfèrent passer du temps à découvrir d’autres facettes moins connues du pays. Et pour cela le meilleur moyen est de s’arrêter dans un petit village au bord de la route qui mène à Dar Es Salam et commander pour manger la même chose que tout ceux qui sont déjà assis : sadza (sorte de porridge à partir de farine de maïs) avec un peu de viande et une sauce tomate piquante, un chapati (hybride entre une crêpe et un nam indou), et un thé aux épices. Une seule personne parlait quelques mots d’anglais. Assis sur des bancs de bois, en dessous d’un toit de chaume tenu par quatre piliers précaires, mes amis ont dû vite s’initier au Swahili, langue parlée surtout en Tanzanie, au Kenya, et en Ouganda. Comme d’habitude, je les observais depuis la route, et je dois dire que maintenant je ne moque plus d’eux lorsque je les vois manger avec les mains… c’est devenu naturel…

Près de la ville de Iringa, on s’arrêta pour visiter un site où on peut à la fois voir quelques découvertes qui datent de la préhistorique mais aussi de curieuses formations géologiques ; des piliers de pierre formés par l’érosion. L’endroit s’appelle Isimila, un village de la tribu Héhé. Un arrêt original.

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Dar Es Salam, la ville de tous les dangers

Après avoir entendu tellement de mauvaises choses à propos de cette ville (surtout la très forte probabilité de se faire voler), nous arrivions enfin. Direction le sud de la ville, pour aller dans un camping qu’on avait repéré sur le Lonely Planet. On arriva de nuit, après une journée de route sous la pluie. En allant au bar du camping pour s’enregistrer, Adela et François se retrouvait nez à nez avec Jacques (le brésilien qui nous avait hébergé au Mozambique) et Jorge (l’espagnol avec qui on avait passé cinq jours dans un camping à Victoria Falls). Quelle coïncidence !!! Après de grandes accolades, ils nous présentèrent à Benjamin, un Chilien qui voyageait avec Jorge, et Romina, une Argentine qu’ils avaient rencontrée quelques jours auparavant. On resta quelques jours avec eux, pour profiter de la plage et du calme à l’intérieur du camping. Mais aussi pour écouter de nouvelles histoires de vols juste à côté du camping…

En général, les touristes ne s’arrêtent que très peu à Dar Es Salam et ne passent que pour prendre le ferry en direction de Zanzibar. Adela et François n’aimaient pas trop l’idée de me laisser ici, même au camping. Apparemment il y avait une autre façon pour aller à Zanzibar, et qui était aussi beaucoup moins cher. Il fallait aller jusqu’à Bagamoyo, une ville à quelques 60 kilomètres au nord de Dar Es Salam, et prendre un bateau à voile traditionnel (le dhow). Benjamin et Jorge avaient déjà essayé ce moyen de transport et nous indiquèrent que le plus compliqué était seulement de négocier le prix. En plus Benjamin connaissait un rasta, Jasili, qui vivait à Bagamoyo et qui voudrait bien nous aider. Il était temps de rejoindre cette ville ! Romina voulait elle aussi tenter d’aller à Zanzibar, on lui proposa de se joindre à nous. Elle accepta tout de suite.

En sortant de Dar Es Salam, on s’arrêta à un station service. François sortit pour aller aux toilettes et quand il revint, il trouva Adela et Romina discutant avec un Tanzanien. Quand François entra dans la voiture, le Tanzanien fit le tour pour venir parler avec lui. Une conversation sans aucun but, le regard de ce passant scrutait tout ce qu’il pouvait apercevoir dans la voiture. Cela ne nous a pas beaucoup inquiété, et le passant se retira en saluant. Quelques secondes plus tard on entendait quelqu’un courir en direction de la voiture et un bras entra par la fenêtre du conducteur pour saisir les lunettes de soleil de François qui étaient posées sur le tableau de bord. François lui attrapa le bras et lui bloqua le coude sur le montant de la portière. Notre “cher ami” était maintenant en mauvaise posture, mais il refusait de lâcher les lunettes alors qu’Adela et Romina s’efforçaient de lui faire lâcher prise. François lui tordit un peu plus le bras. Il lâcha enfin les lunettes. A peine François l’avait relâché, qu’un autre passant s’approcha et plaqua le voleur au sol. Il sorti des menottes et nous fit signe de partir. Etait-il de la police ou faisait-il partie de la mise en scène pour que le voleur bredouille ne subisse pas la colère des autres passants dans cette société musulmane où les gens peuvent très vite prendre à leur compte la justice dans les rues ? On ne le saura jamais, le principal était qu’on ne nous avait rien volé.   

Bagamoyo, le port des dhows

En arrivant à Bagamoyo, on retrouve Jasili et son petit frère Williams, qui nous invitérent à nous garer chez eux pour dormir. Avec surprise, on découvrit qu’il s’agissait en fait d’un camping avec des bungalows. Le jeune rasta avait passé les quatre dernières années à construire lui même cette endroit avec une construction principale à deux étages qui peut abriter un restaurant, trois bungalows équipés de plaques solaires, mais aussi une scène pour organiser des concerts ! Hélas, il n’avait pas encore assez d’argent pour payer la licence administrative qui lui permettrait d’ouvrir officiellement cet endroit. Une “simple question de temps” nous disait le rasta !

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Bagamoyo fût anciennement une importante capitale économique grâce à son port et à l’intense commerce avec l’île de Zanzibar. Aujourd’hui, la ville conserve une certaine activité économique grâce aux dhows qui pratiquent toujours le transport de marchandises à bas prix vers et depuis Zanzibar. Elle essaie aussi de renaître de ses cendres grâce aux touristes, tout doucement. Mais, d’une certaine façon, c’est pour cela que cette ville est toujours aussi agréable et reposante, car elle n’a pas encore été défigurée par le tourisme ! 

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Il était temps de se renseigner pour prendre le bateau pour Zanzibar. Mes amis devaient aller au port afin de trouver un capitaine pour les emmener. Le premier qu’ils questionnèrent leur dit qu’il n’y avait aucun problème à part qu’ils devaient parler avec un agent de la douane pour faire un papier. Quel papier ? Aucune précision de la part du capitaine… Et à la douane, il n’y avait personne pour faire ce “papier”. Comme les bateaux ne partaient seulement que dans la nuit (autour de minuit), ils décidèrent de revenir plus tard avec toutes leurs affaires, prêts à partir, dans l’espoir de trouver le douanier plus tard… Cependant le soir même, le douanier n’apparaissait pas, et aucun capitaine ne voulait qu’ils montent sur le bateau sans ce papier. Même Jasili essaya de négocier avec eux, mais ça ne fonctionnait pas. Autour de minuit, ils décidèrent d’abandonner.

Le jour suivant, en début d’après midi, ils trouvèrent enfin le douanier. Celui ci ne compris pas de quel papier ils lui parlaient… Ca commençait à devenir bizarre. Personne ne voulait vraiment résoudre cette situation à part Jasili, Romina, Adela et François. Les excuses commencèrent à pleuvoir : “la mer est mauvaise en ce moment”, “le dhow n’est pas un moyen de transport confortable pour les blancs” (?!?!?), etc. A force d’insister, l’agent de douane devint plus franc avec eux et leur expliqua que le transport en dhow était interdit pour les étrangers car c’est un moyen de transport dangereux et qu’il était donc préférable pour les touristes de prendre le ferry au départ de Dar Es Salam. Juste pour remettre les choses dans leur contexte, je voudrais juste préciser que quelques mois plus tôt un ferry faisant la liaison entre Zanzibar et l’île de Pemba avait coulé entraînant la mort de plusieurs touristes. Donc de ce côté là non plus ça n’avait pas l’air très sûr… Après un long moment de négociation, le douanier admis enfin qu’ils pouvaient monter sur un dhow si ils trouvaient un capitaine qui acceptait de les emmener, tout en précisant qu’il ne voulait rien savoir de plus… Une nouvelle fois au point de départ, il fallait trouver un bateau.

Alors que j’étais toujours sagement garé chez Jasili, ils repartirent pour la cinquième ou la sixième fois au port, avec leurs sacs. Heureusement cette fois-ci tout fût plus facile : le premier capitaine à qui ils demandèrent était d’accord pour les emmener, sans même leur parler d’un quelconque papier… parfait ! Les dhows étaient allongés sur le sable, beaucoup de porteurs faisaient des allers-retours pour charger. Il fallait attendre que la mer monte… Vers 1h du matin, les marins pouvaient enfin hisser les voiles, la traversée commença. La mer était mauvaise, et toutes les 15 minutes l’équipage écopait le fond du bateau pour évacuer l’eau. Les passagers étaient allongées par dessus la charge, prêts à se protéger de la pluie qui menaçait à l’aide d’une énorme bâche plastique. François passa un mauvais moment les deux premières heures de traversée, mais ça s’arrangea par la suite. Soudain arriva la pluie, fine et intense. Les passagers se couvrirent à l’aide de l’énorme bâche, la traversée continuait au milieu d’une mer agitée…

Le lendemain matin aux alentours de 8h il était déjà possible d’apercevoir l’île de Zanzibar. Le vent se calma, le dhow avançait à présent très lentement. Il fallut 3 heures de plus pour arriver dans le port de Stone Town. Romina, Adela et François étaient épuisés ! Ils devaient retrouver Faysal, un ami de Romina qui vit à Zanzibar, qui allait les héberger. Une longue sieste les attendait…

Zanzibar, incroyable !

L’ambiance sur l’île était totalement différente de ce qu’ils avaient pu voir en Tanzanie, un mélange entre ambiances arabe et indienne. En déambulant dans les vieilles rues de la vieille ville, on pourrait se croire au milieu d’une ancienne ville arabe, notamment avec ses nombreuses portes en bois ciselé, ses murs blancs… Même si ils ne m’ont rien dit, Adela et François ont dû être contents de ne pas avoir à se préoccuper de moi pendant ces quelques jours.

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Et pour leur plus grand bonheur, la nourriture à Zanzibar est aussi bien plus variée que sur le continent grâce aux nombreux épices qui sont cultivés ici même. Alors qu’ils étaient partis explorer la partie Est de l’île (le village de Jambiani), Adela, Romina et François ont pu par exemple se régaler avec un plat de riz aux épices tout simple, mais tellement bon ! Avec en toile de fond le turquoise de l’océan indien, le blanc du sable de Zanzibar, et les femmes cultivant des algues sur la plage pour se faire payer seulement 20 centimes le kilo d’algues sèches… Sacrés chinois, ils sont encore pires que les anciens colons…

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Après quatre jours à Zanzibar, il était déjà temps de repartir vers le continent, sauf pour Romina qui allait rester quelques jours de plus… Adela et François s’engouffrèrent dans le port de Stone Town aux alentours de midi en espérant trouver rapidement un bateau pour les transporter. En 15 minutes, tout semblait prêt : bateau repéré, prix négocié, passeports tamponnés (Zanzibar étant une communauté autonome, ils continuent à tamponner les passeports…) ! Mais un policier sur le quai freina leur enthousiasme ; il réclamait à nouveau un papier ! Et quelques secondes plus tard, il changeait d’avis pour nous dire que de toute façon le transport en dhaw était interdit pour les étrangers. Aïe, ça se présentait mal. Une négociation serrée suivit. Le policier accepta finalement à condition qu’ils fassent une décharge disant qu’ils assumaient la responsabilité du transport en dhaw, le tout tamponné par la douane. François fit les papiers et un membre de l’équipage du bateau dû venir pour indiquer le numéro d’identification du bateau ainsi que le nom du capitaine. Cette fois tout était prêt ! François et Adela commencèrent à passer de bateau en bateau pour rejoindre le capitaine qui les attendait, prêt à partir. Soudainement, ils entendirent un cri du policier : “Ey!!! vous avez déjà dépassé le bateau sur lequel vous deviez monter !”. Ils comprirent vite que le membre d’équipage avait donné un faux numéro et un faux nom de capitaine. Ils leur faisait de grands signes depuis le bateau pour qu’ils viennent le plus vite possible, le bateau était déjà en mouvement. Le policier, lui, continuait de crier. Adela et François se précipitèrent vers le bateau où ils furent accueillis très chaleureusement. La traversée du retour commençait. Elle fut beaucoup plus rapide et calme qu’à l’aller, une jolie promenade…

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Une fois de retour à Bagamoyo, où les bateaux accostent sur la plage, il n’existe que deux façons de descendre : l’une consiste à attendre à ce que la marée descende et que le bateau se couche sur le flanc, et l’autre à sauter à l’eau sans attendre pour rejoindre la rive ! Heureusement, il y a aussi quelques grands gaillards qui peuvent venir vous porter… Adela choisit cette option…

 

Arusha, dernier arrêt, chez le meilleur mécanicien Land Rover de toute l’Afrique!

Sur la route menant au Kenya, nous allions nous arrêter à Arusha, ville dynamique du nord de la Tanzanie. Avant de débuter notre voyage, deux amis Almudena et Román (http://buba-seina.blogspot.com) nous avaient donner le nom d’un mécanicien spécialiste de Land Rover qui vivait ici. Et moi, j’avais besoin d’une bonne révision. Ce ne fût pas facile de trouver ce garage, même les personnes qui vivaient dans le même quartier ne le connaissaient pas… Finalement, on réussit à trouver. Et heureusement qu’on n’avait pas abandonné car sans ces mécaniciens je ne sais pas où je serais aujourd’hui ! Même le vendeur de pièces détachées Land Rover de la ville est un crack : il connaissait les Santana Anibal, et pas seulement à quoi je ressemble mais aussi toutes les pièces dont je suis composé ! Après une journée et demi de soins, dans cet endroit qui sentait bon l’huile de moteur, entouré de tous ces cousins qui viennent aussi ici en cure, je me sentais tellement mieux :o) J’aurais aimé pouvoir rester plus longtemps mais les parents d’Adela allaient arriver dans quelques jours à Nairobi et on devait déjà partir. Adela et François étaient très reconnaissants et aussi un peu tristes de devoir déjà partir… 

 

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