Kenya : les parents d’Adela en terre Africaine !

Post écrit le 7 juin 2012 à Vitoria, Espagne. Ce post correspond à la période qui s’étend du 20 Octobre 2011 au 2 Novembre 2011.

Au cours de ces derniers jours, il régnait au Kenya une atmosphère un peu oppressante surtout sur la côte Est et dans la capitale. Les Chababs somaliens avaient récemment enlevé plusieurs étrangers sur l’île de Lamu et près de la frontière avec la Somalie. Le Kenya s’apprêtait à envoyer des troupes sur le territoire somalien et ainsi tenter de les intimider. Cela ressemblait à une entrée en guerre contre son voisin alors que les Chababs ne représentent pas le gouvernement somalien mais seulement une faction rebelle très puissante(mais y-a-t’il vraiment un gouvernement dans ce pays ?). Cela allait être la première fois dans l’histoire du Kenya que son armée allait procéder à une offensive. Ils s’attendaient en retour à des représailles sous forme d’attentats, notamment à Nairobi…

Pour en revenir à notre périple, tout était plutôt calme. La route entre Arusha et Nairobi est un axe assez emprunté et en bonne condition. En traversant le frontière tanzanienne, l’agent de police oublia de mettre le tampon de sortie à François et les agents de police du côté Kenyan n’ont vraiment pas apprécié. Un retour rapide à l’autre frontière permit d’arranger le problème. A part ce petit quiproquo, nous n’avons eu aucun incident pour rejoindre la capitale Kenyane. On arriva juste au moment du coucher de soleil, ce qui entraîna un peu de pression pour trouver un endroit pour dormir. Même si on avait déjà décidé d’aller au camping JJ’s, une des mecques africaines pour les overlanders, ce ne fût pas facile de le trouver. Plusieurs personnes avaient dit à mes compagnons : “Chercher un singe sur un portail”, et cet indice ne se révéla utile que lorsqu’on se trouva effectivement nez à nez avec le portail…

Au camping JJ’s, en attendant les parents d’Adela

Ca faisait un moment qu’il devait pleuvoir ici à Nairobi, car la zone de camping du JJ’s était plus que boueuse ! Ils appellent ça la “petite” saison des pluies, mais, selon les locaux, à cause du changement climatique elle devient complètement imprévisible. Adela et François se sont réfugiés la plupart du temps dans le salon commun qui était à disposition des clients et ils me laissaient dehors au milieu de la boue… J’ai eu le temps d’observer tous ces voitures plus ou moins trafiquées et équipées pour les longs voyages, et dont certaines devaient être là depuis plusieurs années. Je ne sais pas quand vont revenir leur propriétaire, mais j’espère qu’ils prévoient quelques jours de remise en état avant de repartir sur la route !!!

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Les parents d’Adela, José Ramón et Rosa, allaient arriver un jour plus tard. Mes compagnons allaient en profiter pour étudier le problème du visa pour l’Ethiopie : depuis 2010 (plus ou moins, je ne connais pas la date exacte), le visa pour ce pays voisin doit être obtenu dans son pays de résidence et il faut le demander moins de 6 mois à l’avance. Pour des voyageurs comme nous, il est impossible de demander le visa avant de commencer le voyage car le visa serait périmé avant d’arriver dans ce pays. Il faut donc envoyer son passeport et sa demande de visa au cours du voyage et rester bloqué quelque part, le temps que le passeport revienne. Certains voyageurs évitent de plus en plus l’Ethiopie à cause de ce problème administratif… Adela et François essayèrent de trouver des exceptions à cette règle mais la seule solution était de devenir résident Kenyatta… Pfff, ils allaient avoir deux semaines pour y réfléchir, le temps de passer quelques vacances…

José Ramón et Rosa avaient choisi de parcourir une partie du Kenya avec un guide et une camionnette. Compte tenue des prix pour entrer dans les parcs nationaux avec une machine de mes caractéristiques (difficile pour moi d’entrer sans payer!!!), mes compagnons allaient voyager dans leur camionnette pour la première partie des vacances. J’allais encore rester quelques jours au milieu de la boue…

En route vers le parc national du Masai Mara, sans moi…

Après avoir rencontré Charles, le chauffeur et organisateur, et Antonio le traducteur, mes compagnons partirent chercher José Ramón y Rosa à l’aéroport. En passant ensuite me dire au revoir au JJ’s,  Adela en profita pour montrer à ses parents que nous n’étions pas les seuls à voyager autour de l’Afrique : ils purent voir plusieurs personnes en moto, d’autres en camion et même une famille de Sud Africain avec voiture et remorque ainsi que 2 enfants! Ils restèrent assez surpris de cette découverte…

Ils se mirent en route vers le parc national du Masai Mara, sur les terres de la tribu Masai et surtout connu pour la célèbre migration des gnous qui se déplacent chaque année pendant des périodes spécifiques entre ce parc et le parc national du Serengueti, de l’autre côté de la frontière avec la Tanzanie. Les images de cette transhumance sont assez célèbres, car les très nombreux gnous doivent traverser la rivière Mara où les crocodiles les attendent tranquillement pour s’organiser un des meilleurs festins de l’année. Mes compagnons allaient arriver juste à la fin de la période de transhumance vers la Tanzanie mais peut être allaient-ils voir les derniers retardataires tenter leur chance…

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En arrivant au parc, ils furent tous très surpris par la qualité de l’hôtel où les parents d’Adela allaient loger : plutôt moyenne en comparaison avec la description qu’on leur avait précédemment fournie. Mais la plus grande surprise vint des règles mêmes du parc national. Même si Adela et François allaient dormir dans un camping qui étaient situés en dehors du parc, ils devaient obligatoirement payer le parc pour deux jours, comme si ils étaient déjà à l’intérieur ! Cela leur a semblé une arnaque grossière et même la gérante (allemande) du camping leur conseilla de ne pas payer. Du fait que la plupart des touristes viennent avec des tours opérateurs et qu’ils payent un pack dont ils ne connaissent que très peu les détails, ce parc impose des règles complètement stupides. Ils menacent même les guides de leur retirer leur licence en cas de discussion de cette règle, et dû à ce chantage Adela et François n’eurent pas d’autre choix que d’abandonner, pour ne pas mettre Charles et Antonio dans une mauvaise posture. Tout simplement incroyable !

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Une fois à l’intérieur du parc, le nombre d’animaux ainsi que la variété sont  assez impressionnants, mais même si on était dans une période avec peu de touristes, cela ressemblait à un parc d’attractions tellement il y a de camionnettes transportant des touristes ! De plus, les tours opérateurs peuvent payer une licence spéciale aux Masai, ils peuvent ensuite aller où ils veulent sans se préoccuper de rester sur les pistes existantes. On arrive vite à des situations qui ressemblent plus à une visite de zoo qu’à une expérience dans un parc naturel… Quelle désillusion après avoir expérimenté les parcs nationaux de Namibie, Botswana ou Zimbabwe…

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Les gnous étaient présents au bord de la rivière Mara, et les crocodiles étaient aussi là, attendant patiemment que les quadrupèdes tentent leur chance. La taille des groupes de gnous était très impressionnante, et mes compagnons s’imaginaient le spectacle de cette multitude dévalant les pentes abruptes bordant la rivière, la traversant ensuite le plus vite possible, et remontant la pente sur l’autre rive. Cependant, selon notre guide, les retardataires sont en général les plus peureux. Il était peu probable qu’ils essayent de traverser… La camionnette repartit dans le parc, à la recherche de léopards, guépards, lions, des nombreuses antilopes, etc.

Petit détour par le parc national de Nakuru avant de retourner à Nairobi

Le lendemain, la camionnette se dirigeait plus au Nord, vers le lac de Nakuru qui est bordé d’un parc national. Il est célèbre pour ses flamands roses et autres oiseaux en tout genre. La piste principale borde le lac et il est facile de savoir où il y a des animaux “intéressants” à voir, car les attroupements sont faciles à repérer même depuis l’autre côté du lac ! Mes compagnons ont ainsi pu observer de très près, depuis la camionnette garée sous un arbre, deux jeunes lions qui se reposaient sur les branches. Tout le monde espérait qu’un des lions allait se laisser tomber sur le capot d’une des voitures, mais ce ne fût pas le cas…

Une fois sortis du parc, Adela et François remarquèrent les nombreuses serres bordant la route, près de la ville de Naivasha. Antonio leur expliqua que cette ville était très connue pour sa production de fleurs et qu’ils exportaient énormément vers la Hollande, qui revends ensuite partout dans le monde. Encore une jolie preuve des européens qui profitent de la main d’œuvre très peu chère pour faire un bon business.

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Ils étaient tous contents de me revoir en pleine forme au JJ’s le lendemain matin. Ils me préparèrent rapidement. On passa par un centre commercial pour faire quelques courses… puis faire un pique-nique sur le parking ! Le vigile du centre commercial trouva cette pratique assez suspecte et s’approcha pour nous contrôler. Il était assez gêné lorsqu’il nous demanda l’autorisation de regarder dans nos poches plastiques. 

Le parc national d’Amboseli

Cette fois, j’allais pouvoir rentrer dans le parc ! Il paraît que les éléphants dans ce parc ont historiquement été toujours très bien protégés et qu’ils est donc possible de trouver de vieux éléphants avec de très grandes défenses. Avec un peu de chance on allait aussi pouvoir voir le Kilimanjaro ! “Amboseli” signifie “poussière salée” ou “sol salé” en langue Masai. Si vous ajoutez à cela une multitude de petites tornades qui se forment sur cette plaine blanche, vous obtenez un scénario tout à fait particulier pour partir à la recherche des animaux. Le premier jour, quand nous sommes entrés dans le parc en fin d’après midi, nous étions plutôt obnubilés par le volcan et tout le monde scrutait les nuages qui le cachaient afin d’essayer de l’apercevoir. Juste avant la fermeture du parc, on n’arrivait presque à le discerner, mais ce ne fût que de courte durée. Le soir venu, mes compagnons humains mangèrent ensemble dans le lodge où dormaient les parents d’Adela. Alors que Rosa et José Ramón partaient dans leur chambre, nous nous aventurions tous les trois dans l’obscurité aux abords du parc pour trouver un endroit pour dormir. Même si nous étions entourés de lodges, de campings et de l’une des entrées officielles du parc, personne ne vint nous déranger pendant la nuit.

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La journée suivante fût riche en éléphants ! En mode bain dans le lac, ou douche de poussière, ou balade à travers le parc. Effectivement certains d’entre eux avaient des défenses impressionnantes et très blanches. Mais il était toujours impossible de voir le Kilimanjaro, même en fin d’après midi, lorsque théoriquement la probabilité de voir disparaître les nuages augmentent… Le jour suivant nous devions partir très tôt en direction d’un autre parc et la déception commençaient à gagner mes amis. Pour les Kenyattas, cela ne leur semblait pas anormal qu’en un jour et demi dans le parc, nous n’ayons pas pu voir le sommet du volcan. Retour au lodge, à nouveau dîner, et à nouveau petite promenade dans l’obscurité pour revenir plus ou moins au même endroit que la veille pour dormir…

Un peu avant 6 heures du matin, François était réveillé et sortit pour aller aux “toilettes”. Encore pas très réveillé, il revint rapidement vers moi pour se recoucher. Il leva la tête lorsqu’il ouvrit ma porte et se trouva nez à nez avec le Kilimanjaro presque totalement découvert ! “Adela, Adela ! Vite, réveille toi ! On peut voir le Kilimanjaro !” Les nuages recommençaient déjà à être menaçant et ils eurent à peine 10 minutes pour faire quelques photos et profiter de l’instant avant que le volcan ne disparaisse à nouveau. Lorsque l’on retrouva nos compagnons de route, ils ne crurent pas que premièrement on s’était levé à 5h45, et deuxièmement qu’on avait vu le Kilimanjaro. A ce moment là, Adela et François n’avaient même pas envie d’essayer de les convaincre, ils étaient encore euphoriques de cette vision au réveil !

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Le parc national de Tsavo

En se dirigeant vers l’Est, nous devions nous arrêter pour voir des “éléphants rouges” et… des lions mangeur d’hommes ! Au moment de la construction du chemin ferré entre Mombassa et Nairobi, des milliers de travailleurs venant d’Inde travaillèrent durement dans les plaines de ce qui est maintenant le parc national de Tsavo. Nombres d’entre eux furent dévorés lors de ces travaux et les lions prirent goût à la chaire humaine. Pour les éléphants rouges, l’explication est beaucoup plus simple : comme les éléphants aiment bien s’asperger de poussière et que la terre de Tsavo est rouge, ils revêtent très souvent cette couleur inhabituel pour un éléphant.

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Dans ce parc, nous avons surtout retrouvé l’esprit d’aventure que nous avions apprécié dans les parcs au Botswana et Zimbabwe : pour voir des animaux, il faut vraiment être plus attentif, et aussi plus chanceux. Les pistes sont peu nombreuses par rapport à la taille du parc : les animaux ont donc eu beaucoup moins de contact avec les voitures et les touristes ! Les quelques fois que nous avons croisés les éléphants rouges, ils étaient un peu plus sur leur garde qu’au Masai Mara ou qu’à Amboseli, voire très nerveux lorsqu’on vit un groupe avec un nouveau-né ! Et nous avons simplement aperçu un lion, d’assez loin…

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Quelques jours à Mombasa et… un petit accident de la route !

Selon plusieurs guides touristiques (et notamment lonely planet), Mombasa est en quelque sorte une cousine de Zanzibar, notamment de part l’influence de la culture Swahili dans son architecture et sa culture. Alors qu’Adela et François avaient encore en mémoire leur très bonne expérience à Zanzibar, nous arrivâmes à Mombasa avec beaucoup d’envie. Charles et Antonio, qui nous avaient accompagné à travers plusieurs parcs nationaux, nous quittèrent une fois arrivés à l’hôtel prévu pour les parents d’Adela. Je devenais donc le véhicule officiel pour la suite du voyage ! Et par la même occasion, mes conducteurs se transformaient en guides !

Nous avons commencé la visite par le fort de Mombasa, l’emblème touristique de la ville, pour ensuite (essayer de) nous perdre dans les rues de la vieille ville. Quelle déception ! L’architecture est peut être un peu ressemblante à celle de Zanzibar, mais tout le reste est bien différent : l’état de conservation des bâtiments est très mauvais et le vieux Mombasa est très petit en comparaison de sa grande cousine Zanzibar… Heureusement nous avons réussi à trouver un vendeur de cocos et nous nous sommes consolés…

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Nous avons donc un peu ralenti notre activité touristique, et limité nos visites à quelques endroits : le marché (où bien sûr Adela et François ont réussi à se fâcher avec les nombreux intermédiaires qui essayaient tous de leur faire croire qu’ils avaient une boutique), une ferme d’élevage de crocodiles, plusieurs coopératives d’artisanat. Et pendant que les parents d’Adela profitaient de la piscine de leur hôtel, mes compagnons allèrent plusieurs fois au bâtiment des Douanes pour procéder au renouvellement de mon Carnet de Passage en Douanes. Et même après presqu’un an d’expérience à négocier avec des africains, il fallut y aller 5 fois en 3 jours pour obtenir le tampon magique !

Kenya Aita (276)Au cours d’un de nos déplacements, un gentil Land Cruiser est gentiment venu me draguer lors d’un dépassement plutôt osé au milieu d’un énorme bouchon. Pas très délicat ce confrère, parce qu’il s’est tellement approché qu’il a réussi à enfoncer mon aile avant droite… Le conducteur était allemand, vivant au Kenya depuis 20 ans, et il essaya de nous faire croire qu’il ne parlait pas anglais. Malheureusement pour lui, Adela parle aussi allemand ! Afin de s’éviter des problèmes avec la police Kenyatta (Adela et François avaient tout le temps du monde pour résoudre cet accrochage en leur faveur), l’allemand finit par leur payer une jolie somme en liquide.

Avant que le voyage africain des parents d’Adela ne s’achève, ils réussirent à fêter en avance de quelques semaines les 30 ans d’Adela. Dans leur chambre d’hôtel, ils réussirent à préparer du foie gras et du saucisson espagnol (directement venus d’Europe), et un guacamole. Célébration parfaite ! Le lendemain soir, ils repartaient déjà vers l’Espagne… 

Retour vers la Tanzanie !

Le choix était difficile, mais mes compagnons ne connaissaient pas vraiment d’endroits fiables où je pouvais être réparé… En plus de la carrosserie, j’avais toujours quelques autres petites bricoles à réparer. En allant une nouvelle fois à Arusha en Tanzanie, on était sûr que j’allais être bien soigné et que le prix allait être raisonnable. Ca nous faisait aussi plaisir à tous les trois d’aller faire une surprise à ces mécaniciens ! On mis donc le cap au sud, en suivant des chemins beaucoup moins empruntés… Peut être que ces deux semaines “touristiques” nous avaient montré une image déformée de ce qu’est vraiment le Kenya. De toute façon, nous allions devoir repasser avant d’aller en Ethiopie et nous pourrions nous faire une autre idée du pays !

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Une réponse à “Kenya : les parents d’Adela en terre Africaine !

  1. rencontrebeurettes

    Je partage sur twitter, bon post, merci

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