Tanzanie 2 : ma cure de jouvence

Post écrit le 14 juin 2012 à Vitoria, Espagne. Ce post correspond à la période du 2/11/2011 au 6/11/2011.

Dès la frontière, Adela et François étaient à nouveau accueillis en Tanzanie avec de grand sourires et beaucoup de rires par les agents de la frontière, spécialement par les douaniers avec qui ils passèrent un peu plus de temps pour remplir mes papiers. Cette facilité pour établir un premier contact est vraiment répandue dans la plupart du continent africain et c’était peut être cela qui nous avait un peu manquée au Kenya ces deux dernières semaines. Peut être que les circonstances étaient aussi différentes, difficile à dire…

On assista à une autre changement en traversant la frontière à ce point de passage : on venait d’une piste qui était dans un état plutôt moyen et après la barrière on voyait un goudron presque parfait. C’est amusant de faire de la piste, mais parfois ça fait aussi du bien d’avoir un peu de confort, et je pense que les oreilles d’Adela et François sont d’accord avec moi !

Retour à Arusha, dans cette ville que l’on connaissait suffisamment pour prendre notre temps et chercher tranquillement un endroit pour dormir. Mes compagnons prévoyaient de m’envoyer plusieurs jours chez M. Kahindi, ils ne devaient donc pas compter sur moi pour leur fournir un lit. Ils trouvèrent facilement un hôtel bon marché et prirent quelques affaires pour s’installer plusieurs jours.

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En arrivant au garage le lendemain matin, on fit une longue liste de toutes les choses qu’il fallait réviser ou directement réparer. Ils allaient me chouchouter pendant plusieurs jours et j’allais avoir droit à un peu de chirurgie esthétique pour remettre à neuf mon aile avant droite ! Deux mécaniciens commencèrent à s’occuper de moi. François mit aussi sa tenue de mécanicien pour se mettre au travail avec eux. Ils se rendirent compte qu’ils devaient démonter tout l’avant de ma carrosserie ! Les choses se compliquaient, surtout parce qu’au fur et à mesure qu’ils me démontaient, ils se rendaient compte que le travail de chirurgie allait s’étendre bien au delà de ma simple aile avant. Il fallu plus d’une demi-journée pour me déshabiller…

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Pendant les deux jours suivant, le carrossier et son apprenti eurent beaucoup de travail. Pendant ce temps là, le mécanicien et François me changeait mon huile de moteur, mon filtre, quelques joints de mon système de transmission, etc. Adela avait préféré rester en ville pour chercher du tissu et faire faire quelques vêtements. Elle avait trouvé une couturière, Erika, qui avait accepté de faire ce travail pendant le peu de jours que nous allions rester à Arusha.

Chaque soir, Adela et François sortaient profiter de la tranquillité d’Arusha et chercher un endroit pour manger. Ils trouvèrent un restaurant de rue qui préparait une très bonne omelette de pommes de terre, à laquelle ils pouvaient ajouter un coulis piquant de tomates ainsi que de la salade de choux et carottes, le tout accompagné d’un chaï, le thé aux épices local. Tout allait bien jusqu’au moment où ils payèrent : avant de commander le prix était de 1500 shillings tanzaniens et c’était à présent 2500… Etrange… Ils demandèrent à nouveau, précisant qu’ils avaient compris 1500 avant de passer commande, mais la dame leur dit que c’était parce qu’elle leur avait donné de la sauce tomate et de la salade. François la crut et accepta de payer. Adela resta assez dubitative devant le  changement de prix et trouva étrange que François abandonne aussi vite. Finalement ce n’était pas si important parce que le prix restait très raisonnable pour manger et ils oublièrent donc cette histoire.

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Le lendemain, ils (surtout François en fait…) ne pensaient qu’à manger à nouveau cette omelette. Ils demandèrent encore le prix. Ce jour là ce n’était pas la typique mama africaine qui cuisinait mais un homme qui nous dit rapidement “1500 shillings”. Tilt ! François lui demanda si ça incluait la sauce tomate et la salade, et le cuisinier confirma. Ils s’étaient fait avoir la veille ! En acceptant leur précédente “défaite” et sans rien dire de plus au cuisinier, il commandèrent un plat. Ils se régalèrent à nouveau ! En sortant, une femme qui aidait la cuisinière la veille était aussi présente : elle leur demanda à nouveau 2500 shillings ! Impossible, ça recommençait ! L’homme cuisinier ne disait plus rien. Adela et François essayaient de capter son regard, sans succès. Ils dirent qu’ils voulaient payer 1500 et non 2500. Ils donnèrent 2000 shillings à la femme présente et attendirent la monnaie. Elle refusait catégoriquement ! Elle cherchait toutes les excuses du monde pour justifier le prix qu’elles voulaient les faire payer. Plusieurs tanzaniens s’approchèrent pour convaincre Adela et François qu’il y avait un malentendu et pour qu’ils acceptent de partir en payant 2000 shillings. Ils acceptèrent finalement et alors qu’ils marchaient dans la rue ils entendaient encore la femme grommelant qu’ils auraient pu la remercier pour la promotion qu’elle leur avait fait…

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Quelques dizaines de mètres plus loin, toujours dans la même rue, Adela et François se regardèrent et s’exclamèrent en même temps : “ce n’est pas possible qu’on ait encore accepté de payer plus cher que le prix normal !”. Ils décidèrent rapidement de vérifier le prix du même plat dans les postes installés dans la même rue. Après que deux cuisinières leur confirmèrent que le prix normal était de 1500 ils décidèrent de retourner au poste où ils avaient manger. Cette fois la mama africaine, qui était la chef, était là. Elle comprit rapidement pourquoi ils revenaient, mais continuait à chercher des excuses. Pas de problème, Adela et François s’assirent devant la marmite d’huile bouillante où cuisaient les pommes de terre. Lorsque le prochain client arriva et commanda, mes compagnons lui indiquèrent qu’il devait d’abord être au courant du nouveau prix de ce soir, 2500 shillings. Le client s’exclama : Tanzania bis (59)b“2500? Mais c’est 1500 d’habitude !”. “Désolé Monsieur, aujourd’hui vous avez des blancs à votre table alors le prix a changé”. Il s’adressa ensuite en Swahili à la cuisinière, surement pour lui demander ce qui se passait. Il commanda tout de même. Adela et François continuèrent à prévenir les clients suivants du changement de prix, ce qui commençait à énerver sérieusement la cuisinière qui finalement accepta que c’était bien parce qu’ils étaient blancs qu’ils ne pouvaient pas payer le même prix. Rien à faire, peut être l’aurait-il accepté si elle leur avait dit dès le début, mais les mensonges duraient depuis la veille. Ils restèrent assis sur leur banc, en suivant la même stratégie que précédemment. Au bout de quelques minutes seulement, la mama accepta sa défaite et leur rendit la monnaie en les invitant à revenir le lendemain. Adela et François ne réclamèrent pas la différence de prix de la veille, et partirent en se promettant de ne plus revenir manger d’omelette dans cet endroit.

Finalement le dernier jour, ils m’ont repeint tout l’avant. Qu’est ce que je me sentais bien après ces trois jours de cure ! Je me sentais comme neuf ! J’étais prêt à affronter la fin de notre périple… Nous reprenions la route vers le Kenya !

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PD : pendant notre séjour à Arusha, mes compagnons ont regardé le film/documentaire “Mugabe et l’africain blanc” et ça leur a beaucoup ouvert les yeux sur la situation des fermiers blancs au Zimbabwe. Rappelez vous que nous avions rencontré au Mozambique une famille de fermiers du Zimbabwe et ils avaient très concis dans le récit de leur expropriation de leurs terres. Maintenant, Adela et François en comprenaient mieux la raison ainsi que les événements qu’ils avaient dû vivre. Un documentaire à voir pour ceux qui veulent mieux comprendre ce qui s’est récemment passé au Zimbabwe… 

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2 réponses à “Tanzanie 2 : ma cure de jouvence

  1. Bravo pour la tactique concernant la récupération des « biens mal acquis » !
    Toujours heureux de voir que votre Atlas se porte bien malgré tant de km.
    J’en profite pour vous dire que je redescends vers la Guinée le 7 novembre prochain, en Clio de 1992, par petites étapes, en solo, sur le goudron seul, les pistes m’étant désormais interdites par mon physique.
    Heureux d’avoir de vos nouvelles. Que devenez-vous depuis votre retour ?
    Bien sincèrement amicalement.
    Claude DESLIENS

  2. (François…)
    Salut Claude!
    Le pauvre petit Atlas prend maintenant un repos bien mérité… cet été il aura le droit à une vraie mise à neuf mécanique. Après on espère qu’on lui trouvera de nouveaux heureux propriétaires.
    Je devrais recommencer à travailler lundi prochain dans mon ancienne entreprise, ils ont du travail en ce moment donc pas de problème pour que j’y retourne après ce long congé sabbatique ! Adela est en plein recherche de sa nouvelle voie…
    On est content de voir que tu es toujours aussi motivé par les voyages vers l’Afrique ! Pas grave si tu ne peux pas prendre les pistes, au final tu en profites d’une autre façon !
    Continues de regarder le blog, les chapitres suivants arrivent très bientôt :o)

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